LES NTIC : Une chance pour le CONGO ?



Les nouvelles technologies (NTIC) désignent les nouvelles techniques de traitement de l’information et les infrastructures de télécommunications (fibre optique, satellites, Back Bone etc..). Les impacts de ces technologies s’étendent sur plusieurs domaines notamment sur le mode de vie et l’économie. Les pays développés et les pays émergent accordent une importance particulière à ces outils car les apportent une part significative dans le PIB. Ainsi comment l’Afrique peut-elle utiliser ces supports pour son développement?

 Les NTIC peuvent améliorer la qualité des services de l’état des différents pays Africains pour que ces derniers retrouvent une compétitivité à l’échelle internationale. En Effet aujourd’hui dans les différentes institutions de l’état, les services sont centralisés car toutes les procédures sont effectuées dans la capitale. A titre d’exemple au Congo Brazzaville tous les passeports sont délivrés à Brazzaville, c’est-à-dire qu’un Dolisien doit constituer son dossier à Dolisie, pour qu’il soit traité et renvoyé à partir de Brazzaville.

 De même pour la retraite, tous les dossiers se constituent à Brazzaville c’est-à-dire qu’un Habitant d’Owando doit aller à Brazzaville pour faire le nécessaire.

 Comment pouvons-nous gagner du temps, de la fiabilité et de l’efficacité en utilisant les nouvelles technologies?

 Aujourd’hui il existe ce qu’on appelle des systèmes d’information qui sont un ensemble organisé de ressources qui permettent de collecter, regrouper, traiter et diffuser de l'information sur un environnement donné. Ainsi on pourrait mettre en place des SI dans différentes collectivités locales qui devraient avoir la capacité de récupérer et compiler les informations des administrés en interrogeant les services dédiés.

 Les accès à ces SI devraient se faire à travers des portails web en utilisant Internet pour garantir l’accès à tous les citoyens.

 Ainsi un habitant qui souhaite introduire son dossier pour sa pension pourra à partir d’Owando fournir via Internet tous les éléments requis et payer également les frais de cette transaction.

 Dans l’exemple cité ci-dessus, les citoyens pourraient donc gagner du temps et de l’argent en évitant des déplacements et des frais inutiles. Pour les institutions de l’état qui utiliseraient ces SI, ça permettrait de traiter de façon efficace et rapide les données des collectivités. Ainsi les SI sont des outils performants pour appliquer des politiques de décentralisation qui consisteraient à distribuer les compétences administratives de Brazzaville vers les autres départements. 

 Les SI peuvent également permettre de jouer un rôle considérable dans la lutte contre la corruption car permettraient d’effectuer des transactions entre établissement en limitant l’utilisation de l’argent liquide, ce qui permettrait de façon inévitable de renflouer les caisses de l’état.

 Pour les Entreprises et les particuliers qui souhaiteraient également investir, on pourrait mettre à dispositions toutes informations et les outils pour automatiser et simplifier les procédures administratives. Par exemple un particulier qui habite Paris et qui aimerait faire de l’import/export de biens (véhicules, matériaux de construction, denrées alimentaires, ) pourrait envisager de faire toutes les transactions possibles à partir de son ordinateur sans se préoccuper de sa position géographique.

 En 2015, le Congo était classé 169 sur 189 par le rapport de «Doing Bussiness». Il est vrai qu’il y a eu des efforts fournis par l’état en réduisant le taux d’imposition du revenu des sociétés et en abaissant le taux d’imposition de la valeur locative. Pour améliorer le climat d’affaire, nous pensons qu’il faudrait travailler davantage sur l’efficacité et la qualité des services que l’on peut mettre à disposition des entrepreneurs et donc la seule baisse des taux ne permettra pas d’améliorer considérablement le climat des affaires.

 La mise en place des système d’information demande néanmoins de reformer le mode de fonctionnement des services de l’état pour intégrer en son sein des nouvelles méthodologie de travail qui ne pourront pas se faire sans d’importantes restructurations.

 D’un point de vue social les NTIC, peuvent être des atouts considérables pour les nouvelles générations mais un grand handicap pour ceux qui ne connaissent pas l’informatique et peuvent donc créer des profondes inégalitésentre les différentes couches sociales.

 Pour cela il faut intégrer dans les programmes scolaires l’apprentissage d l’informatique mais également créer dans chaque localité des centres d’informatique intégrée (CDI ) pour permettre à tous les citoyens d’utiliser les services de l’état mais aussi de donner des formations de remise à niveau.

 Les NTIC tout comme pour les pays développés peuvent donc jouer un rôle primordial dans le développement des pays Africains à condition qu’il y ait une véritable volonté politique qui consisterait à restructurer nôtre société pour prendre en compte de l’importance de ces outils. En effet sans cette prise de conscience aucun changement ne pourra se faire et nous continuerons à baigner dans la misère. Et comme nous ne voulons ne pas nous apitoyer sur ce sort, il nous reste une seule choseà faire : nous mettre au travail! Car le changement c’est maintenant

  

Frédéric Louvosso